
La fonctionnalité « Achetez maintenant, payez plus tard » sera prochainement testée en interne par les employés américains des points de vente d’Apple. Le service de paiement fractionné « Apple Pay Later » vise à offrir aux utilisateurs la possibilité de payer leurs achats en quatre fois sur une durée maximale de 6 semaines, et sans frais additionnels. Le paiement différé pourra s’appliquer aux achats en ligne et hors ligne. L’annonce d’une phase de test interne pourrait présager d’un déploiement prochain auprès du grand public : en février 2023, Tim Cook laissait entendreque le service pourrait bientôt être lancé, sans plus de précision.
Un déploiement qui tarde à se concrétiser
Ce nouveau service d’Apple Pay avait été dévoilé dès juin 2022, à l’occasion de sa conférence annuelle destinée aux développeurs, la Worldwide Developers Conference (WWDC). La date originelle de lancement coïncidait avec la mise jour iOS 16, bien qu’elle n’y ait finalement pas été incluse. Une nouvelle étape sera prochainement franchie, avec le déploiement de tests internes, auprès de 270 magasins américains, où près de 80 000 employés pourront participer à l’amélioration du service. D’autres fonctionnalités, comme Tap to Pay et l’Apple Card, avaient fait l’objet d’expérimentations internes, avant leur démocratisation.
Deux modalités de paiement différé
« Apple Pay Later », développé en collaboration avec l’entreprise américaine de paiement Mastercard, permettra aux usagers d’Apple Pay de lisser leurs échéances de paiement, sans frais supplémentaires. Une fonctionnalité additionnelle de paiement, offrant la possibilité de répartir le coût des achats importants sur plusieurs mois, moyennant des intérêts,devrait également être déployée, en partenariat avec Goldman Sachs. Ces nouveautés laissent augurer des évolutions prochaines sur l’application de paiement.
L’écosystème des applications Apple
L’introduction de nouvelles fonctionnalités sur Apple Pay traduit la volonté d’Apple de conforter sa place dans le secteur des services financiers, dans une tentative de diversification de son activité. Favorisée par sa position dominante sur le marché des magasins d’applications, l’entreprise américaine ne cesse d’enrichir son écosystème d’applications : Apple Music, Apple TV+, Fitness+, ou encore Apple Podcasts. Derrière cette stratégie, Apple espère retenir plus longuement les utilisateurs sur leurs terminaux tout en générant des revenus supplémentaires grâce aux fonctionnalités payantes. Cette source de revenus, indifférente aux difficultés d’approvisionnement et ralentissements de la production, attire et maintient les consommateurs, tout en rassurant les actionnaires. Un modèle à suivre ?
Le cabinet Canalys, spécialisé dans le secteur de la tech, a dévoilé, le 17 janvier, son rapport sur le marché mondial des smartphones lors du dernier trimestre de 2022. Avec une baisse de 17 % des livraisons, pour 300 millions d’appareils, par rapport à l’année précédente, le secteur signe son pire trimestre depuis dix ans. Au final, sur l’entièreté de 2022, les constructeurs auront expédié 1,2 milliard de smartphones, soit 11 % de moins qu’en 2021.
Une sombre période pour le secteur du smartphone
Le constat est probant, le marché des smartphones va mal. Alors que le cabinet d’analyse IDC prévoyait un recul de 9,1 % des livraisons de téléphones mobiles en 2022, la chute est encore plus lourde. Runar Bjørhovde, chercheur analyste pour Canalys, explique que « les fournisseurs de smartphones ont évolué dans un environnement macroéconomique difficile tout au long de 2022. Le quatrième trimestre marque la pire performance annuelle et trimestrielle depuis une décennie ».
Il précise que « les vendeurs se sont montrés extrêmement prudents en ce qui concerne l’acquisition de nouveaux stocks, ce qui a contribué à la baisse des expéditions au quatrième trimestre ». À cela s’ajoute l’inflation ; les difficultés rencontrées par la Chine, premier marché mondial pour ces appareils, avec les confinements et les émeutes à l’usine Foxconn, l’un des principaux fournisseurs d’iPhone haut de gamme ; mais surtout l’allongement de la durée d’utilisation. Guillaume Chaigneau, à la tête de Xiaomi en France, a indiqué aux Échosqu’« aujourd’hui, les Français gardent leur téléphone pendant environ trois ans. Cela conduit à un report des ventes ».
Samsung toujours en tête du classement
Au quatrième trimestre de 2022, Apple est passé devant Samsung avec 25 % des parts du marché, une performance historique. Son concurrent sud-coréen le talonne avec 20 % du marché, tandis que Xiaomi, OPPO et vivo ferme la danse avec respectivement, 11 %, 10 % et 8 % des parts.
Image : Canalys.
Sur l’année complète, Samsung s’impose comme le leader du secteur avec 22 % des parts de marché. C’est 3 points de pourcentage de plus qu’Apple et 9 de plus que Xiaomi. Pour autant, le constructeur a annoncé une baisse de 69 % de ses bénéfices au dernier trimestre de 2022. Un signe que le ralentissement dans la tech n’est pas près de s’arrêter.
Pour 2023, Canalys estime que le marché du smartphone va continuer à faire face à des difficultés et prévoit une croissance faible, voire nulle. Le Xuan Chiew, chercheur analyste pour le cabinet, souligne que « même si les pressions inflationnistes s’atténuent progressivement, les effets des hausses de taux d’intérêt, les ralentissements économiques et un marché du travail de plus en plus difficile limiteront le potentiel du marché ».