
- Cloudflare révèle que dans certains cas lutter plus vite contre les sites IPTV pirates bloque aussi de nombreux sites innocents
- Cloudflare rapporte plusieurs instances du même problème dans un Etat-membre de l’UE
La lutte contre les plateformes IPTV pirates en Union Européenne va-t-elle trop loin ? Alors que les ayants-droits se sentent impuissants face à la résurgence des plateformes illégales, et les délais légaux pour obtenir le blocage, la Commission Européenne a émis un appel à idées pour mettre en place une “boîte à outils” de mesures efficaces.
D’un côté, les ayants-droits – dont MPA, UEFA, Premier League, beIN, LaLiga, Serie A, Sky, et BT Sport – ont appelé la Commission à mettre en place une Loi qui obligerait les intermédiaires à bloquer des sites quelques minutes seulement après une plainte. Une proposition refusée, mais l’idée de réagir plus vite s’impose de plus en plus comme l’une des meilleures solutions.
Bloquer trop vite risque de faire des dommages collatéraux
Or, Cloudflare a de son côté rapporté comment des mesures similaires exécutées dans le dans un Etat-membre ont, à plusieurs reprises, bloqué des milliers de sites innocents dans un Etat-membre. Cloudflare note dans son rapport que le caractère expéditif et dynamique des décisions créé une ambiguïté, réduit la transparence.
Mais selon Cloudlfare, “cela a souvent des conséquences sérieuses, non souhaitées, inévitables et largement peu communiquées au public”. En 2022 les FAI autrichiens ont bloqué carrément Cloudflare dans le cadre d’une telle décision. Alors même que Cloudflare n’était impliqué dans aucune activité illégale.
Cloudflare est devenu avec le temps la pierre angulaire du web. Le service permet à des millions de sites tout à fait légaux d’éviter les situations de surcharge, de même que les problèmes tels que les attaques DDoS.
Cloudflare prévient : “sans supervision d’un juge, ces sur-blocage ont mis des jours à être réglés. Alors que la Commission visait des infrastructures critiques […] les efforts de blocage pour violation de copyright ne sont pas tous accompagnés d’un rapport sur leurs conséquences inattendues, causant de pareils blocages pour des parties externes”.
Et d’ajouter : “ce déficit de conscience publique signifie que l’on constate peu d’incitation pour les ayants-droits et FAI impliqués à assumer la responsabilité des blocages exagérés, de décrire publiquement ce qu’il s’est passé ou à assurer qu’ils mettront en place des mesures pour empêcher le sur-blocage dans le futur”.
Cloudlfare souligne que les mesures déjà prévues par le DSA sont suffisantes, notamment parce qu’elles s’accompagnent d’une obligation de transparence. Et recommandent donc la commission de ne pas aller au-delà dans le cadre de sa “boîte à outils”.